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MURS DE LA HONTE, MURS DE LA HAINE

vendredi 3 janvier 2020

Comme les précédents, le 30 ème anniversaire de la chute du mur de Berlin a été largement commémoré . Il est vrai que la disparition de cette construction, justement appelée « Mur de la Honte » constituait un fait historique incontestable. Symbole de l’opposition entre deux mondes aux intérêts divergents, il représentait indirectement une menace pour la Paix. On ne reviendra pas sur les déchirements qu’il a pu causer dans les familles, par les séparations, l’isolement des populations,tant il est vrai que les murs, qu’ils empêchent de sortir du territoire, ou d’y entrer, conservent une même destination : emprisonner les populations concernées.

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Comment ne pas relever l’hypocrisie de tous ces dirgeants, qui , il y a 30 ans réunis à Berlin, juraient avec force que plus jamais ils ne laisseraient se bâtir de telles constructions. ?... La disparition du monde socialiste n’a pas empêché l’apparition de nouveaux murs ne soulevant ici ou là que de timides protestations. Actuellement une trentaine de murs, totalisant plus de 20.000 km, sont érigés dans le monde. Le plus long (près de 3200 km) et pourtant « oublié » dénommé le « Mur de la Peur » se situe entre l’Inde et le Bangladesh. Tous sont justifiés par leur constructeurs, comme anti-immigration, anti-terrorisme, anti-drogue etc....Les plus connus sont à Chypre séparant Turcs et Grecs, aux USA, celui que Trump s’acharne à consolider contre l’immigation mexicaine, en Israël, où près de 700 km de construction constituent selon les dirigeants de ce pays une barrière de sécurité contre toute intrusion terroriste .

Le jugeant en 2004 contraire au droit international, la Cour Internationale de Justice réclamait la destruction de ce dernier ; à plusieurs reprises les instances de l’ONU réitéraient la demande...Non seulement le mur est toujours en place, mais il s’étend de jour en jour. En réalité cette édification, n’a rien de sécuritaire, mais obéit à des objectifs politiques, qui se situent dans un projet d’expansion du territoire israëlien, imposant les frontières d’un futur état qui engloberait les colonies récemment acquises. De telles manœuvres contraignent les Palestiniens à s’éloigner, et favorisent ainsi de nouvelles colonisations. Cette clôture ajoute à la honte de l’emprisonnement, la destruction d’une grande partie de l’ économie palestinienne. Comment s’étonner que se développe alors un sentiment qui dépasse la simple colère, et fait considérer ce mur comme le « Mur de la Haine ».

Quelle que soit l’issue des rapports entre ces différentes populations, subsisteront dans les esprits des murs beaucoup plus difficiles à abattre.

Yvon Pichavant, L’Orange Bleue, n° 117

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