Lorsque nous parlons de conflits armés, nous pensons avant tout aux morts et blessés qu’ils
occasionnent. Les dégâts environnementaux sont rarement évoqués. Et pourtant, guerres et écologie
sont intimement liées.

Les conflits armés ont un impact dévastateur sur les espaces naturels : les bombardements, les
défoliants, les mines et les déchets toxiques polluent sols, eaux et air, entraînant des effets
irréversibles sur les écosystèmes. La guerre du Vietnam offre un exemple criant de cette horreur
laissée par l’agent orange dont on voit encore les effets sur les populations et la biodiversité.

En outre, les conflits sont souvent provoqués par l’appropriation des ressources naturelles : eau,
pétrole et gaz. Exemples en Afrique : Darfour, Soudan…

Et la montée en puissance de l’arme nucléaire devrait nous alarmer : Le Japon en est la première
victime, mais aussi le Groënland où les Etats Unis ont créé une base militaire à Thulé au nord du
pays ; Le 21 janvier 1968, un bombardier américain B-52 transportant quatre bombes nucléaires s’y
est écrasé. L’impact provoque la dispersion de matériaux radioactifs sur la banquise, déclenchant
l’une des plus graves crises nucléaires de la guerre froide en Arctique.

L’avenir risque d’être bien sombre : avec la guerre au Moyen Orient, n’assistons-nous pas à cette
compétition pour les énergies pétrolières et gazières ? La raréfaction des ressources, le
réchauffement climatique constituent autant de signes alarmants qui pourraient provoquer des
déplacements de populations, sources de tensions et de guerres.

Il est donc urgent de prendre conscience du lien entre guerres et écologie . La protection de
l’environnement et la prévention des conflits devrait constituer une priorité planétaire. L’ONU ne
devrait-elle pas inscrire ce thème à son agenda ? : coopération internationale pour une approche
globale et solidaire permettant de protéger notre planète. Utopie ?

L’Orange Bleue, n° 147, EDITO