Pour se prévaloir de cette affirmation présomptueuse, encore faudrait-il qu’une large majorité de Françaises et de Français connaissent bien la Déclaration des droits de l’Homme. En est-il ainsi ? Pour s’en faire une idée, il suffit de faire le simple test de demander à des personnes de notre environnement de citer ce qu’elles connaissent de cette fameuse Déclaration ? Les plus érudites arrivent à balbutier péniblement l’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, écrite en 1789 lors de la Révolution Française. Ont-elles conscience d’être en retard de 3 guerres ou de 3 siècles en cela ?

Comment se fait-il que notre pays continue, comme une bernique accrochée à son rocher, à ne vouloir connaître que cette Déclaration squelettique de 17 articles du 18ème siècle ?

Tous les autres pays font référence instantanément à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 .

Avec ses 30 articles enrichis, elle a été rédigée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU) après la 2ème guerre mondiale, quand toutes les nations clamaient « plus jamais ça ! ». Le comble c’est que cette nouvelle version a été publiée principalement grâce à des personnalités françaises telles que René CASSIN et Stéphane HESSEL ! N’est-ce pas leur faire offense que de persister à ce que la Déclaration universelle des droits humains ne soit enseignée en France ni en primaire, ni en secondaire, ni même en études supérieures classiques ?
Dans le contexte précité, n’est-ce pas simplement une erreur, mais plutôt une faute à corriger au plus tôt ?

A titre d’exemple et pour faire œuvre de pédagogie, nous reproduisons ci-dessous l’article 1er de la Déclaration de1789 (en caractères normaux), dûment complété par les ajouts de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 (en caractères gras) :

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Lorsque nos compatriotes se mettront au diapason de la déclaration universelle des droits humains, cesserons nous ’aller vers la société la plus violente d’Europe ?

Pour conclure, oserais-je vous faire une confidence ? Désormais, quand je vois une personnalité politique clamer à la tribune que la France est le Pays des droits de l’homme, je pense instantanément à une image tirée du Roman de Renart : celle du coq Chanteclerc, perché sur un tas de fumier, qui harangue sa basse-cour de sa plus belle voix...

Jean-Claude MOYSAN (Coprésident du Collectif Urgence Climatique 35), L’Orange Bleue, n° 147