ELECTIONS : FAIRE DE BREST UNE VILLE DE PAIX
Dans le cadre de la campagne pour les municipales, l’Université Européenne de la Paix organise
le 6 mars en soirée (20h-22h30)
à la salle des syndicats rue de l’Harteloire
un débat public
à l’occasion duquel les représentant-e-s des listes républicaines en lice seront invité-e-s à présenter leur programme en matière de paix.
Nous présentons dans l’article les questions envoyées aux candidats et les réponses reçues par écrit sont consultables en pièces jointes. Dès à présent, nous confirmons la participation de la liste LFI et de celle menée par François Cuillandre au débat du 6 mars.

Pour une économie de paix
Le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires est entré en vigueur le 22 janvier 2021, il y a 5 ans. A ce jour 95 Etats l’ont signé et 74 l’ont ratifié. La France refuse toujours de s’engager. Et pourtant 64 % des français y sont favorables !
Il est urgent de créer les conditions et de penser aux alternatives pour sortir de ce piège mortifère que représente l’armement nucléaire.
Notre territoire avec la présence d’infrastructures dédiées et des moyens nucléaires et militaires qui s’y trouvent est largement impacté par les contraintes qui en découlent.
Nous ne nous résignions pas à en subir les conséquences et nous appelons à réfléchir collectivement pour créer les conditions d’une sortie qui permette de sauvegarder les capacités humaines et industrielles dont les compétences permettraient de développer une économie de paix dans notre région.
Si vous êtes élus :
Quelles mesures comptez-vous mettre en place pour avancer vers cette économie de Paix ?
Etes-vous prêts à peser pour que notre pays s’engage dans la voie du désarmement nucléaire, notamment en associant Brest à l’appel des villes pour que la France signe le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires ?
Etes-vous favorables à l’adhésion de notre ville à l’association des Maires pour la Paix et au soutien des actions éducatives et culturelles au service du désarmement et de la paix ?
Education à la paix
Depuis plusieurs années l’UEP a fait le choix d’agir auprès des enfants des écoles brestoises afin de promouvoir un discours de paix, de concorde et contribuer à des relations apaisées dans les classes et les cours d’écoles. Un groupe de bénévoles, intervenant à la demande des enseignants intéressés par ces aides, propose des clés de compréhension et des solutions pour mieux se parler, se comprendre et éviter toute escalade. Et cela fonctionne !
Seriez-vous prêts à appuyer cette démarche auprès des autorités académiques et des directions d’écoles ?
Afin de ne pas limiter ces actions aux seules écoles primaires, seriez-vous prêts à entreprendre et favoriser une vraie politique d’éducation à la paix élargie aux collégiens, lycéens dans leur cadre scolaire mais aussi au sein des associations, dans les milieux sportifs, culturels… ?
L’UEP a été à l’origine de l’ouverture au public de l’abri Sadi Carnot. L’objectif était d’aider la population - et d’abord les jeunes générations - à prendre conscience des méfaits des guerres sur les populations civiles
Il nous parait nécessaire de mettre en évidence, dans le contexte actuel, l’intérêt de telles actions d’information et de sensibilisation auprès de tout public.
Pour cela seriez-vous prêts à relancer cette politique d’ouverture de lieux de mémoire et d’en faciliter l’accès pour mieux accueillir, renseigner, intéresser et éduquer les visiteurs et ainsi faire œuvre de pédagogie au service de la paix ?
La rue Bugeaud : aller au terme de la démarche
Des massacres de la rue Transnonain aux sinistres enfumades des populations kabyles, les faits d’armes de cet odieux personnage ne peuvent que susciter mépris et dégoût. Voir des artères de nos villes, des établissements publics, continuer à porter son nom est une honte qui déprécie la portée honorifique du baptême de rue.
Suite à l’action citoyenne des habitants du quartier, action soutenue par l’UEP, en 2022 la Ville acceptait de changer le nom de l’école en substituant à celui de Bugeaud, celui d’une résistante brestoise : Alice Abarnou.
Si nous avons salué à l’époque cette initiative, nous continuons à penser que la Ville ne peut s’en tenir là, qu’elle se doit d’aller au bout de la démarche en débaptisant la rue Bugeaud.
Paris l’a fait en 2024, Marseille vient de le faire, et Lyon s’y prépare. Serons-nous à Brest, l’une des dernières villes de France à accepter qu’une de nos artères porte encore le nom de cet infâme maréchal ?
Quelle politique de pavoisement des édifices municipaux ?
Le 25 février 2022, un jour seulement après l’agression russe, le drapeau ukrainien était hissé au mat de l’Hôtel de Ville. Plus de deux ans après l’entrée des troupes israéliennes dans la bande de Gaza et en dépit des demandes réitérées des organisations citoyennes qui dénoncent la politique génocidaire que le gouvernement israélien y poursuit, toujours pas de drapeau palestinien sur le parvis de l’hôtel de Ville. Beaucoup de nos concitoyens -dont nous à l’UEP- y voient là la manifestation condamnable d’un soutien à géométrie variable. Tous les peuples opprimés méritant la même sollicitude, ne pensez-vous pas qu’il est temps de définir une politique de pavoisement de nos édifices municipaux qui n’en donne pas une impression contraire ?
Un ministère de la paix à la taille de la ville
Un ministère de la paix est une revendication ancienne des mouvements de paix.
A défaut de ne l’avoir encore obtenu au plan national, pourquoi ne pas le mettre en œuvre dès maintenant à l’échelle de notre ville ?
Il s’agirait de créer au sein de l’équipe municipale une délégation à la paix dont le but serait en s’appuyant sur le travail d’une commission citoyenne ad hoc et dans le respect des textes fondateurs de l’ONU et de l’UNESCO sur la culture de paix :
- d’établir un Programme Local d’Action pour une Culture de Paix (PLACP) ;
- d’insuffler le dynamisme nécessaire à sa mise en œuvre.
Parallèlement, l’adhésion de la ville à l’association Mayor for Peace* dont le but est de promouvoir la culture de paix comme outil de gestion locale, outre qu’elle scellerait son engagement pour la paix, lui serait un soutien logistique précieux pour mettre en oeuvre une politique de paix.
A l’heure où il n’est question que de réarmement, de préparation des esprits à la guerre, élever « les défenses de la paix » comme nous y invite l’acte fondateur de l’Unesco est une urgente nécessité. En diffusant une culture de paix basée non sur la force mais, de la cour de l’école à l’arène internationale, sur une gestion pacifique des conflits, notre ministère de la paix, modestement et à son échelle, y contribuera.
* Mayor for Peace, l’association internationale des villes engagées pour la paix et le désarmement nucléaire a été créée en 1982 à l’initiative du maire d’Hiroshima qui en est l’actuel président. Sa section française regroupe 172 collectivités locales dont de grandes métropoles de l’Ouest (Nantes, Angers et Caen)

