Ne pas désespérer de l’ONU

Tel était le thème de la conférence animée par Bertrand Badie, universitaire spécialiste des relations internationales, invité par l’UEP le 21 octobre à la Faculté Victor Ségalen.
L’orateur entamait sa présentation par un rapide bilan des actions de l’ONU depuis sa création en citant les personnalités qui ont contribué aux différentes initiatives de cette organisation (Kofi Annan, Boutros Ghali ….) marquées notamment par la mise en place d’un programme alimentaire mondial PAM, l’ OMS pour la santé,de l’UNESCO pour la culture, de l’OIT pour le travail….Malgré ces réalisations « ça ne tourne pas rond »sic. L’ONU n’a pas su s’adapter aux différents changements intervenus depuis 1945. La Charte n’a pas changé, elle n’est plus réformable, bloquée par le droit de veto des membres permanents du Conseil de Sécurité.
Les mutations des relations entre les états par le développement des communications illustré par l’essor des transports au 19ème siècle, créaient de nouveaux échanges, montrant ainsi que la coopération pouvait supplanter la compétition. Le multilatéralisme faisait ses premiers pas dans un monde en pleine évolution.
A la fin de la première guerre mondiale, le traité Versailles révélait la nécessité d’un dialogue entre les nations par la mise en place d’un ordre international. Naissait alors l’idée de la Société Des Nations (SDN) ayant pour but la recherche d’ une solidarité internationale tout en respectant l’indépendance des états. Cette institution pouvait laisser croire que l’équilibre des puissances pouvait assurer la paix. C’était sans compter sur le maintien de l’esprit de compétition rendant impossible le règlement des conflits. Sans définition politique, la paix ne peut être considérée que comme un calme relatif entre deux guerres.
Aujourd’hui nouveau visage des guerres, les conflits intra- étatique (Kivu,Soudan...) prennent le pas sur l’inter- étatique . La transformation du monde force à réfléchir sur le concept de « sécurité humaine » mettant en valeur une sécurité commune valorisant les enjeux, insistant sur des principes essentiels tels que : sécurité alimentaire ,sanitaire, climatique, culturelle….. ce que Kofi Annan qualifiait de « multilatéralisme social » comprenant notamment l’OMS , le FAO….
Reste le vrai problème de l’ONU comment construire la vraie paix ? Aujourd’hui les guerres échappent aux logiques des puissances. La sécurité globale dépasse les sécurités nationales. Ce sont les conditions climatiques, sanitaires, la faim dans le monde qui sont attentatoires à la paix. Les menaces demeurent, un espoir cependant, grâce aux réseaux sociaux qui permettent de développer la lisibilité des événements et de les porter à une plus large connaissance principalement auprès de la jeunesse. La révolution des télécommunications par une vulgarisation de l’information peut contribuer à faire reculer le pouvoir politique.
Un espoir pour l’avenir….

Yvon Pichavant, l’Orange Bleue, n° 145

Lecture conseillée : "L’art de la paix", Bertrand Badie


Dans un monde marqué par les conflits et les tensions, Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales, propose une réflexion novatrice sur les conditions et les pratiques de la paix. Il explore les mécanismes de la diplomatie, les enjeux de la coopération internationale et les défis contemporains pour construire un avenir pacifié. Un essai éclairant, entre analyse géopolitique et espoir en l’action collective.

CONFERENCE EN TROIS PARTIES :

partie 1

partie 2

partie 3