Capitulards….Collabos…. Munichois….Formules violentes, haineuses s’adressant à ceux qui osent douter de la nécessité d’une économie de guerre. Ceux sont les mêmes va-t-en-guerre ou leurs semblables qui clamaient « A Berlin » « Gardons le Vietnam » L’Algérie sera française » et s’en revenaient piteux après avoir sacrifié une partie de la jeunesse du pays. L’histoire ne se renouvelle pas, mais on repasse les mêmes plats. L’objectif, créer un climat de tension et faciliter ainsi l’acceptation par la population des sacrifices, conséquences d’une crise économique due à la spirale du réarmement dont les seuls à se réjouir restent les affairistes. Les guerres sont sources d’immenses fortunes pour quelques uns au détriment du plus grand nombre. On garde en mémoire l’attitude des Krupp, Opel, et autres Siemens en1933 faisant la queue devant le bureau de Goering pour obtenir les faveurs d’ Hitler en échange de largesses envers le parti nazi* . Le surarmement au coeur de l’économie de guerre accroît l’ endettement du pays pour les plus grands profits des marchés financiers.

Les plus agressifs de nos concitoyens qui trouvent un défoulement dans les insultes devraient méditer sur cette citation de Paul Valery : « Les guerres, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ».

Le sort de l’Ukraine reste la préoccupation de tous les partisans d’un Monde de Paix. Rien ne peut justifier l’agression envers ce pays quand bien même, argument spécieux, le contexte historique de ces deux nations pourrait aider à sa compréhension. Le pacifisme ne va pas jusqu’à accepter l’asservissement de son propre peuple. L’ Ukraine est exclue du « jeu » des deux grandes puissances, elle ne peut gagner ce conflit avec les seules armes . Les vociférations des « va-t-en-guerre » n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité dans la résolution des crises. En l’état actuel de cette guerre la seule solution résiderait de sortir de la tutelle des « Tout Puissant » et de replacer le droit international au coeur des règlement des conflits.

Yvon Pichavant, l’Orange Bleue, n° 142

*Eric Vuillard : « L’ordre du jour » Goncourt 2017