On a tous été bercés par l’adage romain « si tu veux la paix, prépare la guerre » ; aujourd’hui, compte-tenu de la situation internationale, les« va-t en guerre » ne se lassent pas de le clamer haut et fort à tous les coins de rue et dans les titres de leurs journaux.

A l’UEP, nous disons le contraire :

  • luttons contre l’absurdité et le danger de la guerrière maxime , privilégions les négociations multilatérales.
  • Ne nous engageons pas aveuglément dans le surarmement, la guerre est un non-sens qui n’aboutira qu’à des carnages, dilapidation de ressources publiques, anéantissement de l’homme et de tout ce qu’il avait patiemment construit .

Un jour, un jeune élève - à qui on avait demandé : pour toi,qu’est ce que c’est la paix ? - avait répondu : « c’est vivre tranquille ! » Quelle sagesse !

Bien sûr que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre ! C’est aussi pouvoir vivre dignement, avoir de quoi manger, se loger, se soigner, pouvoir apprendre, jouer...

C’est pour cela que l’UEP se préoccupe aussi des problèmes de justice sociale, éducation, écologie, environnement ...

Avec les enfants des écoles, nous adoptons une approche ludique et progressive des risques de dérapage vers le conflit : erreurs de perception ou d’interprétation, idées toutes faites réitérées, généralisations hâtives, rumeurs… l’escalade peut être rapide de la simple moquerie à l’insulte, et de la bagarre verbale à la violence physique : aujourd‘hui même des ados peuvent sortir des couteaux !

A nous de savoir expliquer que le conflit peut être réglé avant qu’il y ait rupture, et qu’il est possible d’en sortir positivement. Pour cela dialogue, écoute, réflexion commune... et si ça ne marche pas , appel à la médiation, la maîtresse ou une personne de confiance !

En fait, quels que soient l’âge, le milieu, les circonstances, il faut, pour préparer la paix , déjà la vouloir et y tenir ! Ensuite sensibiliser au développement de l’empathie, ce qui n’est pas facile. Si place est laissée aux préjugés, discriminations, pas de traitement égalitaire possible, l’éclatement du conflit est proche.

Soyons conscients que préparer la Paix c’est d’abord avoir confiance en notre humanité, redoubler de fraternité, de sororité, ici, ailleurs, partout. Cela suppose analyse attentive des évènements, renoncement aux facilités de la toute puissance, et recherche raisonnée de solutions soutenables ... Il faut certes se connaître soi même, mais aussi respecter l’autre en s’efforçant de comprendre ses raisons, malgré les différences .

Nicole Celton, l’Orange Bleue, numero 142