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dimanche 21 février 2016

L’enfant et l’esprit laïque.

L’enfant en naissant n’est influencé que par les échanges sensoriels qu’il a avec sa mère (le son de la voix, toucher, nourriture...). Son cerveau pensant ne fonctionne pas encore. L’enfant est totalement réceptif et il n’a aucun jugement, il n’a que les sensations émotionnelles.

Puis cet enfant va se développer dans un contexte où il va de plus en plus, comprendre des messages dits par les personnes qui l’entourent (famille, groupes, ethnie...). Ces messages, captés par ses facultés de compréhension, vont influencer ses jugements sur la vie, sur les relations avec les autres différents de lui. L’enfant peut apprendre à considérer vivre des relations de fraternité, de sympathie... avec les autres ou, au contraire, voir l’autre comme un ennemi en fonction des attitudes, des croyances des adultes.

Seul un État laïque peut construire une société de paix car il base son fonctionnement sur l’objectivité des lois, des règles devant permettre la vie commune, laissant chaque citoyen libre des ses opinions, ses croyances... L’État n’intervient objectivement que si des comportements individuels ne respectent pas les lois. La Justice règle ce problème. Les croyances religieuses ne peuvent se substituer aux règles républicaines. Le fait religieux est un choix personnel. L’organisation interne des religions ne concerne l’Etat que si des règles, des comportements veulent se substituer aux lois sociales. Actuellement, l’Etat passe trop de temps à parler avec les religions. La réalité spirituelle de le majorité des citoyens n’a pas besoin d’une organisation transcendantale.

L’enfant a une attitude de base laïque ce qui donne à ce qualificatif toute sa valeur, sa richesse. Les messages que nous, adultes, donnons aux enfants dès leur naissance doivent être « impeccables » car les mots sont magiques. Ils peuvent conduire à la paix si nous lui apprenons que l’autre « est un étranger pareil à moi » comme à la guerre en les utilisant pour médire, critiquer, culpabiliser, détruire...par des sentiment de jalousie, d’envie, de haine... Définir le rôle de la mère et du père, puis de l’ensemble des adultes qui vont « éduquer » l’enfant, à partir de cette optique laïque, est simple et ouvert vers la Fraternité.

Nous ne portons pas assez d’attention aux messages que nous donnons aux enfants ni à leur contenu ni à la manière de dire... Les adultes savent trop souvent construire des « organisations » (religieux, politiques, syndicaux, associatifs, professionnels...) qui adoptent, dans leur fonctionnement, le même schéma transcendantal que celui des religion : « le sommet a la vérité parce qu’il est le sommet ». L’approche vers une « vérité » se réalise toujours par des échanges créatifs, constructifs en y incluant les enfants...

Charles LE HIR,

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La laïcité garantie d’harmonie sociale, de paix.

Au lendemain des événements de 2015, ou de la flambée des banlieues dix ans auparavant,les mêmes questions reviennent : comment recréer du lien social, réduire les inégalités, favoriser les rencontres ?… En un mot assurer la paix civile. Le mouvement associatif en est le lieu privilégié et principalement les associations d’éducation populaire. Nées dans la tradition laïque républicaine, elles se veulent le prolongement périscolaire de l’oeuvre de l’école publique dont elles complètent l’acquisition de savoirs, utiles à la formation du citoyen. Pour ce faire, et c’est sa base essentielle, l’ « éduc-pop » se développe en dehors de tout individualisme ou communautarisme . La laïcité en est la valeur fondamentale.

A l’heure où cette notion est attaquée de toutes parts et subit différentes interprétations, il n’est pas inutile de rappeler les mots d’un ex-ministre en 2004, lors de la polémique sur la loi de 1905 : « la laïcité c’est la grammaire grâce à laquelle les uns et les autres peuvent parler ensemble et se respecter, grâce a laquelle la République reste indépendante de la pression des religions ». En effet la laïcité n’est pas une opinion parmi tant d’autres, elle est le cadre qui permet la diversité de ces opinions, et la garantie que nul ne soit persécuté pour les siennes. Il est vrai que la difficulté réside parfois dans la conciliation des valeurs communes qui s’imposent à tous, et le respect de l’autre avec toutes ses différences. C’est un équilibre difficile à trouver si on veut éviter les pièges du différentialisme qui peuvent mener au communautarisme, d’où la nécessité d’un devoir de pédagogie , mais aussi d’une loi qui lui donne son assise.

Face à la réalité du monde contemporain, qui voit se développer les conflits religieux, liés à divers intégrismes, se pose la question de l’extension de la laïcité au-delà des frontières. Reconnue comme un droit, elle est valable pour tous les hommes, malgré cela elle ne peut s’imposer par le haut. Dans les régimes des pays du Maghreb, qui ont fondé leur pouvoir soit par la force soit par l’alibi religieux, il faut convaincre que la laïcité est compatible avec l’exercice de la religion. Ce n’est pas chose aisée, il faudra du temps, mais tout acte d’autorité sera voué à l’échec, l’exemple de la Turquie nous le rappelle : pour avoir imposé d’en haut la laïcité, ce pays se retrouve aujourd’hui avec un puissant parti islamo-conservateur.

Dans un climat de tension internationale et de crispation qui l’accompagne, nous nous devons de développer cette notion essentielle de Laïcité, assurance de pluralité sociale, source de richesse, et viable que si les composantes apprennent à cohabiter et à se respecter.

Yvon PICHAVANT
Orange Bleue, numéro 99

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