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ANTISEMITISME ET ANTISIONISME

samedi 9 novembre 2019

 Selon le Petit Larousse, l’antisémitisme est une « doctrine ou attitude d’hostilité systématique à l’égard des Juifs ». Apparu dans l’Antiquité, il est fondé au Moyen-Age sur l’accusation de déicide envers les Juifs. Il y a aussi un antisémitisme économique envers les Juifs, accusés de vouloir dominer le monde. Lors de l’émancipation des Juifs d’Europe, l’antisémitisme ne disparaît pas. L’antisémitisme racial est poussé au paroxysme par les nazis. Aujourd’hui, l’antisémitisme, forme de racisme, est un délit condamné par la loi.
 Le sionisme (du nom de Sion, colline de Jérusalem) est né à la fin du XIXe siècle, fondé par Theodor Herzl, journaliste autrichien effrayé par l’antisémitisme exprimé lors de l’affaire Dreyfus, pour qui, il est nécessaire que les Juifs aient leur Etat. Le premier congrès sioniste a lieu en 1897. Il est décidé de créer l’Etat juif en Palestine, dont la colonisation commence. Mouvement nationaliste et colonial, le sionisme nie les droits des Arabes de Palestine. Cela mènera au nettoyage ethnique de la Palestine, lors de la création d’Israël en 1948, où les 3/4 des Palestiniens sont chassés. Mais il continue, afin d’avoir un pays à la population exclusivement juive.

 Le sionisme, né en Europe, devient dominant après le génocide nazi. Il était refusé par le mouvement juif socialiste et laïque du Bund (= l’Union), et par les Juifs religieux considérant comme sacrilège de vouloir créer un Etat juif sur la terre sacrée d’Israël ; mais le sionisme laïque a créé l’Etat d’Israël sur une base religieuse. Pour les Palestiniens, le sionisme est illégitime. Il existe dans de nombreux pays des associations citoyennes, dont certaines juives, qui rejettent le sionisme et la politique d’Israël et soutiennent les Palestiniens, en rejetant tout antisémitisme. L’antisionisme est un courant politique opposé au colonialisme dont sont victimes les Palestiniens.

 Aujourd’hui, Israël et ses soutiens dans le monde, veulent faire adopter par les Etats la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (International Holocaust Remembrance Agency). La définition ne pose pas de problème, mais les exemples ajoutés permettent d’accuser d’antisémitisme ceux qui critiquent Israël. En France, la CNCDH est hostile à l’adoption de celle-ci. Emmanuel Macron s’y est déclaré favorable. Une résolution devrait être votée dans ce sens. Son but n’est pas de lutter contre l’antisémitisme, mais d’assurer l’impunité d’Israël.

Yves JARDIN

Pour l’Orange Bleue, n° 116
 
   
 
 
  
 
 
 

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