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Non à la guerre au Mali ! Non à l’austérité !

lundi 15 avril 2013

Nous avons reçu la proposition de texte ci-dessous il y a deux mois. Mais il nous semble avoir conservé toute sa pertinence...

Quelques mois seulement après son élection à la Présidence de la République, F. Hollande engage la France dans une intervention militaire au Mali à la suite de mouvements, vers Bamako, de groupes armés islamistes. Nul ne niera que ces groupes soient composés d’individus qui, sous prétexte de convictions « religieuses » imposent aux populations du nord du Mali, une domination inhumaine (violences, exécutions sommaires, discriminations sexistes…). Mais est-ce vraiment pour rétablir un État de droit et pour les droits de l’Homme que la France intervient ? Rien n’est moins sûr.
En effet, la France a soutenu avec une grande constance (gouvernements de droite comme de gauche), les gouvernements corrompus qui se sont succédé au Mali depuis son indépendance, aboutissant à un délitement total de l’État malien. Le Mali est également confronté au problème de la dette. Les organisations internationales (Banque mondiale, FMI) ont contraint l’État malien à adopter des politiques d’ajustement structurel avec la privatisation de services publics, la réduction des dépenses publiques, notamment les budgets sociaux, l’abandon de subventions aux produits de première nécessité. C’est, au moins en partie, cet effondrement qui a amené les groupes islamistes à s’enhardir et à avancer vers Bamako. Comment croire en la parole de ceux qui sont largement responsables de cette situation ? La France serait au bord de la faillite, nous clame-t-on à cor et à cri, alors, que va telle faire au Mali ? Le déploiement militaire français va faire exploser le budget des opérations extérieures. Le coût de ces Opex avait été revu à la baisse lors du retrait des troupes d’Afghanistan. L’intervention militaire française au Mali devrait coûter environ deux millions d’euros par jour, et nul ne sait combien durera cette guerre. Dans le contexte de crise économique et d’austérité imposée à la majorité de la population, cette intervention est contraire aux intérêts des populations française et malienne. Cette guerre n’a pour but que de pérenniser notre présence dans la région et de défendre des intérêts (cf. AREVA au Niger).

L’expédition au Mali pose aussi la question des relations de la France avec le continent africain. Le temps de la Françafrique serait terminé... Pourtant, si les ressources de l’Afrique suscitent bien des convoitises, la volonté de contribuer à un développement économique, social et politique du continent semble absente des préoccupations européennes ou internationales. Or, seul ce développement peut garantir, à long terme, la stabilité et la prospérité dans la région."

Collectif Brestois pour un Audit Citoyen de la Dette publique

Orange Bleue, numéro 85, avril 2013

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