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BREST EN RADE

mercredi 7 mars 2018

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Nous assistons, depuis de longues années maintenant, à l’agonie de la construction navale. Une des dernières réalisations a été, je crois, la construction de tronçons pour des frégates construites à Lorient. Les transformations du dernier SNLE à être équipé de tubes compatibles avec les missiles M51 fournit encore, pour quelques mois, une activité qui semble devoir prendre fin ainsi. Pour poursuivre sur cette voie le portique qui équipe encore le bassin 9 sera livré à la casse d’ici à quelques mois. Cet équipement, majeur à Saint Nazaire, est-il un vestige à Brest ?

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Les industries navales se développent dans les constructions classiques à Cherbourg, Lorient, Saint-Nazaire et dans une moindre mesure à Saint-Malo et Concarneau. A Brest on éradique !

Les Energies Marines Renouvelables (EMR), surtout à Saint-Nazaire, connaissent un fort développement qui en outre repose sur la fabrication des composants d’éoliennes à plus forte valeur ajoutée (nacelles, sous stations électriques, ..).
Les capacités du site brestois sont pourtant remarquables : 3 cales sèches civiles et au moins 4 à 5 cales dans le port militaire.

La région investit dans des aménagements d’ampleur pour accueillir les EMR. 35 hectares de terre plein, un quai spécial de 300m de long sont les atouts principaux de ce nouveau site promis à une industrie pleine d’avenir, nous dit-on !

Mais pour l’heure cela reste « à venir » ! Seul Sabella ( industriel local spécialisé dans l’hydrolien) est assuré de s’installer sur ce site. L’industriel du champ éolien de Saint-Brieuc (Ailes Marines) dit être toujours intéressé par Brest pour la construction de la partie basse des « jackets » et l’assemblage des éoliennes. Les autres équipements plus techniques seront construits peut être à Saint-Nazaire (haut des jackets et sous station électrique) ou au Havre (nacelles, pales). Pas à Brest. L’avenir semble être de courte vue !

Pour ne pas rester franco-français je voudrais faire une mention spéciale pour Bremerhaven.

Le land de Brême dont Bremerhaven est l’avant-port a été au début des années 1990 sinistré (en particulier son industrie d’armement). L’UEP a organisé à l’époque des rencontres avec des délégations de ce territoire (militants syndicalistes et pacifistes) qui avaient des problématiques de reconversion assez proches des notres. A Bremerhaven le désarroi s’est rapidement transformé, semble-t-il, en une force. Aujourd’hui ce port est devenu en mer du Nord un leader, en particulier, dans l’industrie des EMR.

Pour compléter le tableau :les chantiers navals Norvégiens réalisent des constructions de navires de servitude pour les EMR. Ce type de constructions neuves aurait pu être réalisé à BREST. La visite des sites des groupes KLEVEN et ULSTEIN est à ce propos très instructive.

Quels blocages les brestois n’ont pas su dépasser ? Sommes-nous condamnés à attendre « de voir venir » ? *

Michel VOISSET

* Quelles réponses apporter à ces questions ? Quel avenir pour les EMR à Brest ? Ce sera là l’objet d’une prochaine réunion publique organisée par le groupe de travail UEP/UBO/BBS, réunion qui fera suite à celle de décembre dernier sur la déconstruction navale (cf O.B n°107).

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